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Du Fife à Aberdeen : escapades dans le nord-est de l’Écosse

Les Highlands écossaises sont la région à ne pas manquer lors d’un séjour en Écosse, pourtant, il est parfois mis de côté une autre contrée dont les paysages et les atouts sont à valoriser. Le temps de plusieurs escapades depuis Édimbourg, j’ai eu la chance de découvrir des lieux pittoresques et authentiques dans le nord est de l’Écosse, comme les districts du Fife et d’Aberdeen. Des lieux qui mériteraient une meilleure exploration, mais qui, en l’absence d’une voiture, sont parfois difficile d’accès.

Ainsi, j’ai plutôt entrepris de découvrir quelques villes au moyen d’une visite guidée depuis Édimbourg et un autre jour en prenant le train. Dépaysement assuré en provenance de la belle capitale.

Fife

Les villages de pêcheurs du Fife

De nombreuses compagnies fourmillent d’excursions guidées pour tous les goûts. À la recherche de paysages insolites, nous orientâmes notre choix par filer vers l’est, où un enchaînement de petits villages de pêcheurs, plus mignons les uns que les autres, sont arc-boutés sur des plages calmes et baignées de soleil (principalement en été).  

Ainsi, avec ma comparse de voyage suisse, avant de rentrer au pays, nous décidâmes de prendre part à une excursion guidée à la découverte du Fife et de St. Andrews. Au départ d’Édimbourg, c’est avec la compagnie Rabbie’s Tour que nous avons effectué ce voyage. Je vous la recommande vivement. Et puis, même après quatre mois à vivre en Écosse, je fus encore surprise du fort accent de notre guide. À croire que je ne comprenais plus un mot.

Ce qui est toujours intéressant lorsque j’entreprends des activités en groupe comme celle-ci, c’est le partage d’être avec des personnes de tous les horizons. Nous vivions depuis quelques mois en Écosse, mais nous étions les deux « touristes » suisses entourées de touristes américains et allemands, à la découverte d’un pan particulier de la culture écossaise, les villages de pêcheurs du Fife.

Notre programme était le suivant, selon le site internet officiel de la compagnie Rabbie’s Tour :

« Mettez en contraste une architecture élégante avec des vues côtières spectaculaires. Comparez les ruines d’un château balayé par le vent avec les courbes d’un ancien terrain de golf. Et visitez les villes et villages écossais qui offrent bien plus que leur petite taille ne le permet. »

  • Premier stop : South Queensferry
  • Deuxième stop : Anstruther
  • Troisième stop : St Andrews
  • Quatrième stop : Falkland
  • Cinquième stop : Loch Leven

Finalement, le programme sera quelque peu modifié au vu de la période à laquelle nous faisions ce tour. En effet, nous étions mi-décembre et donc les heures de lumière ne sont pas nombreuses et il commence à faire nuit vers 16:00. Ainsi, nous n’aurions pas l’occasion d’apercevoir le Loch Leven qui fut l’endroit où Marie Stuart fut emprisonnée. L’endroit dont je me réjouissais le plus, au vu de mon intérêt pour cette femme. Mais bon, ce n’est que partie remise.

Nous commençâmes ainsi ce tour par découvrir South Queensferry. Cet endroit fera l’objet d’un article prochainement, sur les escapades à moins d’une heure d’Édimbourg, je vous tease alors simplement le fait que ce village est reconnu pour son monument architectural, emblème écossais : The Forth Bridge. Celui-ci permet de traverser l’estuaire du Firth of Forth pour atterrir dans le Fife, l’objet de notre visite du jour.

Cette partie de l’Écosse s’appelle officiellement en anglais Kingdom of Fife et se trouve dans l’estuaire de la Forth. Là où la rivière Forth rencontre la mer du Nord, vous trouverez cinq magnifiques villages de pêcheurs dans le Firth of Forth.

La côte écossaise de Fife est accidentée et magnifique. De plus, de petits villages de pêcheurs sont éparpillés jusqu’à St Andrews au nord. Nous ne les avons pas tous visité, mais nous nous sommes arrêtés à Anstruther, qui est le plus connu. Ainsi, si vous vous avisez de découvrir cette contrée écossaise, n’hésitez pas à vous aventurer également à Crail, Pittenweem, St. Monans et Elie.

Donc, Anstruther est le plus grand des cinq villages de pêcheurs, avec une zone portuaire animée où l’on trouve un restaurant de poisson-frites primé ainsi qu’un musée de la pêche. Jusque-là, cela semblait prometteur, mais impossible de manger des frites, la région étant peu touristique durant la saison hivernale. Mon repas de midi devra attendre St. Andrews. Notre guide nous conseilla de goûter à la délicieuse glace du glacier du village, plutôt paradoxal comme idée, mais vivant en Écosse depuis un moment, plus rien ne m’étonnait. N’étant pas réellement réchauffées, avec le fort vent qui semblait vouloir retourner toute l’Écosse, nous décidâmes de faire l’impasse sur la glace et de partir explorer les quais du village puisque nous n’avions qu’une vingtaine de minutes dans Anstruther (se prononce Enster par les locaux).

C’est peut-être un des désavantages de prendre part à des tours organisés, celui de ne pas être libres de vagabonder où bon nous semble. L’horaire est précis et il ne faut surtout pas être en retard. Je voulais explorer un bout de l’Écosse et c’était la seule manière à cette époque de le faire.

Nous n’avions ainsi pas l’occasion de visiter l’attraction principale du village, le musée de la pêche, qui est reconnu. Anstruther est également un lieu valorisé, car on peut y prendre le bateau pour une excursion vers l’île de May, où, selon la saison, il est possible d’admirer toutes sortes d’oiseaux, les plus célèbres étant bien sûr les macareux, les puffins en anglais.

Mais bon, il n’était pas l’heure de prendre le bateau, mais plutôt de remonter dans le bus, congelées d’une température fraiche et de voir nos amis américains, en short, manger tranquillement une glace. On n’est pas tous fait pareillement.

St Andrews

La ville écossaise de St Andrews est mondialement reconnue pour une chose : le golf ! Je ne prétends de loin pas comprendre ce sport puisqu’il ne m’attire pas spécialement, à la pratique en tout cas. Mais l’intérêt est toujours présent pour connaitre ce qui gravite autour d’une activité sportive renommée, notamment le fait qu’à St. Andrews, on peut s’égosiller de terrains les plus vieux du monde.

Je préfère toutefois le minigolf, mais ceci n’est pas assimiler à la ville du Fife. Effectivement, elle est reconnue comme la patrie du golf et compte pas moins de dix terrains, dont le Old Course, l’un des plus anciens du monde, qui porte bien son nom. Les amateurs de golf peuvent également visiter le British Golf Museum, situé à proximité… c’est d’ailleurs là que le bus nous déposa, mais n’ayant que deux heures dans la ville, je préférai me tourner vers le côté patrimoine et culturel de ce qu’elle a à offrir.

St Andrews a une place unique dans le patrimoine écossais. La ville prend son nom d’un des apôtres du Christ dont les reliques, selon la légende, ont été apportées en ce lieu par Saint Rule. C’est ainsi l’ancienne capitale religieuse d’Écosse qui s’est développée avec une priorité d’établir un centre de connaissances. De ce fait, elle possède de nombreuses structures reconnues : la première université d’Écosse, une cathédrale et un centre historique. C’est un lieu très agréable où se balader et qui possède tout ce que j’apprécie dans une petite ville. En effet, la ville est mignonne à tous les coins de rue, et elle est parfaite pour se reposer, explorer et se régaler ; avec des lieux historiques, des magasins indépendants, de jolis cafés et de superbes plages. Finalement, je découvre une petite sœur à Édimbourg.

Le centre-ville est adorable, il possède d’ailleurs une filiale de la librairie Topping & Company, qui était décrite dans un article sur mes coups de cœur littéraires à travers une visite des librairies édimbourgeoises et écossaises. Je vous conseille simplement de vous balader au gré de vos envies, le centre est petit et vous finirez toujours pas tomber sur une petite pépite, ceci selon les curiosités de chacun ; comme la papeterie Ryman Stationery dans Market Street ou la librairie Bouquiniste, également dans le prolongement de Market Street.

Cependant, le lieu que j’ai préféré, c’est l’ancienne cathédrale ; ancienne, car il n’en reste plus grand-chose.

En effet, quand je vis cette ruine, je me demandai comment elle pouvait encore tenir debout. Et puis, elle est entourée d’un cimetière un peu lugubre. Tout ce que j’aime ! Je m’imagine aussi les milliers de légendes écossaises qui s’émanent de cet endroit, et je me disais que cet endroit serait intéressant à découvrir, à l’aube ou au crépuscule, ou alors lors d’une fête païenne traditionnelle comme Samhainn, la fête religieuse celtique qui inspira Halloween.

En observant les vestiges pittoresques de la cathédrale, je ne pouvais qu’imaginer à quel point elle devait être spectaculaire dans sa gloire d’antan. Autrefois la plus grande église de toute l’Écosse, elle était un centre religieux très important, attirant des pèlerins de partout et de loin au cours des siècles passés. L’entrée aux ruines de la cathédrale est gratuite ; mais vous pouvez payer 5 £ pour visiter le musée de la cathédrale et escalader la tour de St Rule. Ceci apparaissait comme une activité intéressante à entreprendre, mais le ventre criait et nous voulions plutôt déguster notre pique-nique acheté dans Market Street.

Ce que nous fîmes au port de St Andrews. Très pittoresque et dans la même veine que les villages de pêcheurs visités le matin même, cet endroit a facilité les voyages et le commerce à St Andrews pendant des centaines d’années. De nos jours, les petits bateaux de pêche continuent d’apporter des crustacés locaux très recherchés. Le port permet un lieu calme et authentique afin de s’échapper un peu de la petite agitation de la ville. Le pier est l’endroit idéal pour déguster un bon pique-nique, toutefois, faites attention aux mouettes, elles sont voraces en Écosse… Et puis, les couleurs des bateaux et des bâtiments égayent même les jours les plus sombres ou pluvieux. Car oui, comme d’habitude, le temps était typiquement britannique.

Après nous être rassasiées, nous continuâmes notre exploration en empruntant le sentier The Pends pour découvrir le château de St Andrews. En chemin, nous découvrîmes des nouvelles ruines d’un château au bord du littoral, mais impossible de mettre un nom sur celui-ci. Jusqu’à ce que nous nous rendions compte que c’était le château de St Andrews, mais d’une perspective différente.

Il émanait de cet endroit à nouveau une atmosphère intéressante, de par le fait qu’il est en ruine et qu’il surplombe la mer avec les vagues qui viennent s’écraser sur la digue en dessous. Il date du XIIIe siècle et il était à la fois un palais et une prison. La visite du château n’est pas gratuite, mais peut être couplée à celle de la cathédrale pour le prix de 9 £.

Par la suite, nous continuâmes notre ballade dans les méandres des rues de la ville à la recherche des bâtiments historiques liés à l’Université de St Andrews. Elle a été fondée au prieuré de St Andrews par des universitaires écossais qui avaient étudié à l’étranger. Elle a été fondée en 1410 et trois collèges ont été dotés par la suite – St Salvator’s (dans North Street), St Leonard’s (qui est maintenant réunie avec le précédent) et St Mary’s (dans South Street).

L’université peut se targuer de nombreux titres « glorieux » : la plus ancienne d’Écosse, la première femme à s’inscrire en tant qu’étudiante en Grande-Bretagne (1862), le premier laboratoire marin (1882), la première union d’étudiants et l’endroit où Will a rencontré Kate. Moment gossip oblige !

Tout comme à Édimbourg, c’est une ville universitaire qui promet une richesse académique incroyable dans une ville au patrimoine étonnant. Et puis, si on peut en plus y croiser un prince, que demander de plus ?

Avant de poursuivre le tour, nous finîmes la visite de St Andrews par découvrir la magnifique plage nommée The West Sands. C’est réellement un endroit magnifique pour se dégourdir les jambes, surtout lorsque vient la marée basse. Certains étaient d’ailleurs plutôt prêts à se baigner, mais je vous invite plutôt, si vous y êtes en plein mois de décembre, à vous promener tranquillement, et bien habillés, sur les deux kilomètres de sables qui s’offrent à vous.

Falkland

Nous reprîmes le bus afin de poursuivre l’exploration à travers la campagne vallonnée du centre de Fife, pour arriver à Falkland.

Au cœur de ce village historique se trouve le palais de Falkland, qui fut l’une des résidences principales de l’ancienne famille royale écossaise, les Stuart. Falkland est également l’un des villages les plus charmants et les mieux préservés d’Écosse, avec de nombreux cottages pittoresques et des petites ruelles sinueuses.

J’écris ces quelques lignes sur ce village, en regardant en même temps la série phénomène Outlander, et qu’elle ne fut pas ma surprise lorsque je découvris, dès le premier épisode que les protagonistes sont à Falkland. Enfin, le plot se situe à Inverness, mais le décor est bien celui de Falkland. Tout au long de mon séjour, j’entendis parler de cette série et des lieux de tournage en Écosse, ce n’est pourtant que deux ans après que je la regarde et que je me remémore toute la beauté sauvage de l’Écosse. Ainsi que celle des écossais, Jamie Fraser en tête, mais ceci est une autre histoire.

Revenons à Falkland ! Nous n’eûmes pas le temps de visiter le palais, mais celui de déambuler une dizaine de minutes dans le centre historique très authentique. En se baladant, on a l’impression que ce petit village n’a pas bougé depuis les allées et venues de la royauté écossaise. Et c’est tout son charme. La rue principale culmine dans une belle combinaison de la fontaine Bruce, de style gothique victorien, d’un ensemble de boutiques colorées et d’une tourelle.

J’aurais grandement apprécié découvrir le palais, mais fort heureusement le guide nous éclaira sur de nombreux aspects liés au Stuart. Le palais est aujourd’hui principalement géré par le National Trust for Scotland, mais reste dans la famille Stuart.

Construit par Jacques IV et Jacques V entre 1501 et 1541 sur le site d’un ancien château, il est considéré comme l’un des plus beaux exemples d’architecture française de la Renaissance au Royaume-Uni. Marie, reine d’Écosse, s’y rendait pour chasser et jouer au tennis. D’ailleurs, le palais possède le plus ancien court de tennis du monde.

Nous repartîmes en direction d’Édimbourg. La dernière halte du tour était normalement Loch Leven ainsi que son château où Marie Stuart fut emprisonnée en 1567. Mais comme mentionné auparavant, la nuit étant déjà tombée nous rentrâmes directement sur la capitale écossaise.

Grampian

Grampian est la région administrative du nord-est de l’Écosse. Dans l’idée de découvrir un autre aspect de l’Écosse, nous prîmes le train afin de découvrir Stonehaven ainsi qu’Aberdeen. Le réseau ferroviaire est bien développé, bien qu’onéreux en comparaison avec le bus. Mais j’aime beaucoup découvrir des endroits en train, fille de cheminots quand tu nous tiens.

Il y a également de magnifiques lignes panoramiques, dont celle qui passe sur le Glenfinnan Viaduct. Vous pouvez retrouver toutes les informations ici.

Je vous conseillerais simplement, en prenant le train, de vous assurer de comment s’ouvre la porte de celui-ci. Il se peut, et ceci est extrêmement étonnant, que vous deviez ouvrir la porte de l’extérieur en passant votre bras par la petite fenêtre de la porte. N’étant pas en position de tête à Stonehaven, je découvris ce subterfuge seulement au retour à l’arrêt Édimbourg Haymarket où je voulus descendre, mais je ne compris jamais comment ouvrir la porte… Heureusement que le contrôleur passait par là et put m’expliquer comment ouvrir cette porte… Pour finir, cela n’aurait pas été dramatique, je serais arrivée au terminus de la ligne, à la gare centrale de Waverley d’Édimbourg.

Partir en train permet également d’assister tout au long de la côte écossaise à un lever de soleil époustouflant.

Stonehaven

Située à quelques kilomètres au sud d’Aberdeen, Stonehaven semblait une étape sympathique avant de rejoindre la ville côtière. Ce joli port m’apparaissait surtout être le point de départ idéal pour rejoindre les ruines étonnantes du château de Dunnottar.

Nous prîmes le train au départ d’Édimbourg et après un peu plus de deux heures, nous faisions halte à Stonehaven. La gare se trouve dans les hauteurs de la ville, il vous faudra marcher quelques dizaines de minutes pour descendre à son centre et rejoindre le chemin longeant le littoral pour le château.

La bourgade de Stonehaven est un joli point d’ancrage pour explorer la région. Toutefois, le centre-ville n’apparaît pas essentiel à découvrir, mais il fait toujours bon de flâner dans un bourg écossais. Et comme presque partout, c’est le port ainsi que la plage qui permettent de donner à Stonehaven, la dénomination de joli village. C’est également à cet endroit que fut inventé le « deep-fried Mars bar », la barre chocolatée Mars qui est frite dans une pâte à beignet… Outre le haggis, je pense que c’est un mets typique qu’il me fallait absolument goûter lors de mon temps en Écosse. J’en pris un à Glasgow, mais autant vous dire que je fus soulagée de le partager avec mes amis, tellement c’est immangeable…

S’y promener simplement et ressentir la fraîcheur de l’air fut revigorant, avant d’entreprendre une quarantaine de minutes de marche pour rejoindre les célèbres ruines du château de Dunnottar.

Sans conteste l’un des plus beaux châteaux d’Écosse, la forteresse médiévale de Dunnottar se dresse au sommet de hautes falaises, à trois kilomètres au sud de Stonehaven. Même si le château est tombé en ruines il y a près de 300 ans, il n’a absolument rien perdu de son charme. C’est même tout ce qui fait qu’il peut être plus attirant que certains châteaux entièrement restaurés. Et puis, qui dit ruines, dit légendes et atmosphères mystiques.

Pour que l’expérience soit parfaite, je vous conseille d’entreprendre la marche le long du sentier côtier avant d’apercevoir les ruines se déployant au loin. Les paysages sont grandioses entre campagne et mer, moutons et oiseaux marins et falaises et pâturages.

Sur le chemin, vous pourrez également passer devant le monument aux morts de Stonehaven. Ce Mémorial a été construit en 1921 pour commémorer les morts de la Première Guerre mondiale. Conçu pour ressembler à un temple grec en ruine, il sert de symbole pour les vies écourtées et ruinées par la guerre. D’autres noms ont été ajoutés au monument après la Seconde Guerre mondiale.

Et puis, après une petite quarantaine de minutes, le château de Dunnottar apparaît enfin resplendissant d’une beauté absolue, en se dressant fièrement sur sa colline et surplombant la mer. Il paraît même que par temps clair, on peut y apercevoir des phoques, des macareux et parfois des baleines vaquer à leurs occupations. Naturellement, nous n’en verrons aucun, malgré un soleil brillant.

Comme nous devions prendre le bus pour rejoindre Aberdeen, nous n’avons pas eu autant de temps que nous le souhaitions pour explorer l’intérieur du château. En effet, comme il trône sur un promontoire escarpé, il faut emprunter des escaliers qui mènent ensuite aux ruines et permettent par la suite de visiter le château et d’en apprendre davantage sur son histoire. Je vous ai déjà assez bassiné avec l’histoire de plusieurs monuments dans cet article, ainsi, il sera plus simple de vous rendre ici pour découvrir le passé de Dunnottar !

La route nationale A92 passe à côté du monument, ce qui nous permit de prendre un bus en direction d’Aberdeen. L’arrêt se nomme Dunnottar Junction et après 45 minutes, vous débarquerez dans la ville de granit.

Aberdeen

Nous arrivâmes à Aberdeen en début d’après-midi et fûmes étonnées de découvrir une ville différente de celles que nous avions auparavant visitées en Écosse. Aberdeen n’est pas aussi charmante au premier regard qu’Édimbourg et se dirige plutôt vers une comparaison avec Glasgow, pour son aspect industriel. C’est d’ailleurs la troisième ville du pays, après les deux susmentionnées.

Mais elle reste unique, de par le fait qu’une grande majorité des bâtiments ont été réalisés en granit, ce qui lui donne une allure blanche et brillante par temps ensoleillé, ce qui était le cas pendant quelques heures, avant que la ville ne devienne tristounette et sombre lorsque vint la pluie. Eh oui, le granit confère à la ville un éclat attrayant, mais lorsque des nuages gris et bas arrivent de la mer du Nord, il est parfois difficile de dire où s’arrêtent les bâtiments et où commence le ciel. Irrémédiablement, une ville écossaise : toujours à deux facettes.

Nous sortîmes du bus à Union Street, la rue principale d’Aberdeen qui regorge de boutiques, de magasins et de centres commerciaux. C’est réellement une destination shopping qui offre même des enseignes qui ne sont pas disponibles à Glasgow ou à Édimbourg. Au vu de la météo qui deviendra un peu capricieuse, nous ne finirons pas terminer notre escapade dans l’Aberdeenshire par faire du lèche-vitrine, mais ce n’est pas pour cette option touristique que nous étions venues à Aberdeen. Toutefois, un fait est indéniable : il s’agit d’une des villes les plus riches du Royaume-Uni. J’y reviendrai plus tard dans cet article, Aberdeen étant la capitale européenne du pétrole en haute mer.

Industrielle, la ville peut toutefois se targuer de quelques endroits de grande beauté. En soi, le centre-ville n’est pas réellement séduisant, seules les ruelles de Belmont Street ou de Back Wynd sont charmantes. Perpendiculaire à Union Street, Belmont Street est effectivement l’atout charme d’Aberdeen. Plusieurs petits magasins et une église un peu lugubre en font un endroit vivant, surtout par l’établissement d’un lieu culte pour les étudiants et les visiteurs : Books and Beans, un café-librairie d’un autre temps !

Vous pourrez ensuite vous diriger vers le Vieil Aberdeen au nord de la ville, qui apparaît comme une bulle tranquille et pavée d’histoire médiévale face à la frénésie du centre-ville ; c’est par là-bas que vous pourrez explorer l’université, qui est également une des plus anciennes d’Europe et la cathédrale St Machar. Il vous faudra cependant marcher une petite trentaine de minutes, ce qui nous fit hésiter quant à la suite de notre escapade. En conséquence, nous préférâmes rester dans le centre et nous orienter vers le côté économique qui donne à la cité sa splendeur, son attrait maritime.

En effet, la ville côtière est l’entrée de la mer du Nord pour premièrement l’Écosse puis le Royaume-Uni. Ceci de par la prolifique activité pétrolière qui s’est développée au large des côtes du nord-est de l’Écosse et qui en fait un pôle économique d’importance. Aberdeen est alimentée par l’industrie pétrolière de la mer du Nord. D’ailleurs, l’argent du pétrole a rendu la ville aussi chère que Londres, avec des prix correspondant à la profondeur des poches pétrolières, bien que les ralentissements réguliers de l’industrie voient les prix fluctuer ou chuter.

Nous partîmes ainsi en direction de la mer. Nous passâmes par Castlegate et son fameux Mercat Cross. Celui-ci a été construit en 1686 par John Montgomery, un architecte local. Cette structure à arc ouvert est une grande base hexagonale au centre de laquelle s’élève un arbre avec un chapiteau corinthien, sur lequel se trouve la licorne royale. La base est très décorée et comporte des médaillons illustrant les monarques écossais de Jacques Ier à Jacques VII. Selon la légende locale, on peut voir le fantôme d’une licorne tourner autour du Castlegate lorsque la pleine lune est visible.

Intéressant, d’attendre celle-ci, mais nous continuâmes à marcher une dizaine de minutes et nous découvrîmes une sorte de parc d’attraction à l’abandon, sûrement, ceci étant dû au fait que nous étions en décembre. Ce genre de parc est typique des stations balnéaires britanniques, en atteste, celui à Portobello à côté d’Édimbourg ou encore dans les villes du sud du pays, à Brighton ou Eastbourne.

Bien que la météo était couverte, il fut agréable de se balader au bord de l’eau, de voir ces longues étendues de sable, et ce, sans transats à gogo. Elle s’étire sur 3.5 kilomètres entre l’embouchure du fleuve Don et le port d’Aberdeen.

C’est au port qu’il faudra ensuite vous diriger, en vous promenant sur la jetée. Le port est immense et intègre une zone industriel. Entre gros porteurs, ferries et petits bateaux, il y en a pour tous les goûts maritimes. J’allais même me renseigner sur internet des potentielles destinations septentrionales insulaires au départ d’Aberdeen. Le rendez-vous fut pris pour Orkney et les Shetland.

Il existe même un quartier qui fut spécialement conçu au cœur du port pour les pêcheurs. Il s’agit de Footdee. Une petite ville dans la ville où à l’époque les pêcheurs avaient leur propre dialecte et s’étaient créés une jolie communauté au milieu de la zone industrielle.

Le port quant à lui a véritablement pris son essor au XIXe siècle grâce à la pêche de divers animaux, puis à la construction navale et à la sidérurgie.

Si tout cela vous intéresse plus en détail, dirigez-vous vers le Musée maritime. Vous ne pourrez pas le manquer avec son entrée vitrée moderne, alors qu’il est installé au sein d’un bâtiment ancien. L’entrée est gratuite de plus !

Le temps s’étant rafraichit, nous décidâmes d’aller boire un café, avant notre repas dans le meilleur restaurant de burger de la ville (selon des amis d’Édimbourg). Mon guide papier nous conseilla d’aller au Bonobo Café dans Skene Street. Biquounet à souhait pour une pause-café.

Puis nous finîmes cette escapade écossaise septentrionale, à Angus & Ale (vous ne trouvez pas que cela pourrait faire un joli nom de groupe de musique folk ? Me reste juste à trouver un type nommé Angus…). Enfin, Angus, ici est le nom donné à la viande bovine de l’Aberdeenshire, élevée dans le respect et dans un art qui donne à sa renommée une sphère internationale. Et Ale, je ne vous apprends rien que ceci est relié non pas à ma personne, mais à la bière. Du coup, le bœuf Angus d’Aberdeen et les bières artisanales sont la spécialité de ce petit bijou situé dans une venelle d’Union Street. Vraisemblablement un des meilleurs burgers de ma vie !

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Comments (2)

  1. Article très complet qui va me permettre de visiter cette magnifique contrée au départ d’Édimbourg ! Je ferai attention aux mouettes 😉