Europe Slovénie

Piran et Izola, les perles de la côte slovène

Lors de mon road trip en Slovénie, nous nous sommes arrêtées pour la journée à Piran et à Izola avant d’entamer notre retour vers la Suisse.

A la découverte de l’Istrie slovène

Son histoire est particulièrement riche et longue et remonte à des temps précédant l’empire Romain. On ressent ce passé en se promenant dans les ruelles des villes côtières mais également en poursuivant l’exploration un peu plus loin dans les terres. Bien que le tourisme se soit grandement développé dans cette région, l’atmosphère humaine d’un peuple slovène très accueillant et ouvert sur les voyageurs de passage se perçoit.

La côte slovène est située sur une longueur de 47 kilomètres entre l’Italie et la Croatie. C’est d’ailleurs un lieu d’enjeu territorial depuis plus d’une vingtaine d’année avec la Croatie suite à l’éclatement de l’ex-Yougoslavie en 1991. La frontière maritime entre les deux pays reste encore quelque peu floue puisque dès son indépendance, la Slovénie revendique l’intégralité du golfe de Piran et prévoit un corridor à travers les eaux territoriales croates pour lui permettre d’accéder à celles internationales (voir les cartes ci-dessous).

Pourtant, refus des Croates ! Ils contestent l’annexion de parties terrestres à la Slovénie. Suite à ce premier conflit, plusieurs frictions viendront envenimer cette délicate situation entre les deux pays, allant même pousser la Slovénie a utilisé son droit de veto pour ralentir l’adhésion de la Croatie à l’Union Européenne. De nos jours, suite à la décision d’un tribunal arbitral international en 2017, il accorde à la Slovénie la majeure partie de la baie et de ce fait, l’accès direct aux eaux internationales de la Mer Adriatique. Naturellement (cela serait trop simple sinon), les Croates ne sont pas d’accord et continuent d’aller pêcher dans les eaux de la baie de Piran.

De par son appartenance à la région nommée Istrie, le littoral slovène est bilingue et chaque rue est notée en slovène et en italien. Ainsi, les 4 villes côtières se nomment Koper (Capodistria), Izola (Isola), Piran (Pirano) et Portorož (Portorose).

Afin de nous rendre compte et de découvrir les joyaux cachés du littoral slovène, nous avons décidé de passer une journée à Piran et à Izola. Nous aurions eu l’occasion de pousser notre exploration vers Koper ou Portorož, cependant, ces deux endroits nous apparaissaient moins intéressants. Ce n’est que partie remise pour une prochaine escapade puisque la Slovénie fut une réelle découverte.

Piran

Cette bourgade slovène est une des plus jolies villes méditerranéennes que j’aie exploré. Des rues très étroites et des maisons de toutes les couleurs, il m’en fallait peu pour directement ressentir une atmosphère estivale mais sans des hordes de touristes à chaque coin de ruelles.

La vieille ville de Piran, en forme de péninsule ou de pointe, est tout simplement splendide et agréable pour flâner. Surnommée la petite Venise (comme énormément de villes européennes, qui ont soit des canaux, soit des bâtiments lui ressemblant), il est vrai que je me suis sentie quelque fois comme dans la Sérénissime au détour d’une ruelle. D’ailleurs, la majeure partie des bâtiments de la péninsule furent construits durant le règne vénitien sur Piran (sous son joug jusqu’à son déclin en 1797). Les siècles d’influences italiennes, autrichiennes, croates et slovènes amènent ainsi sur le plan ethnique et architectural, une grande diversité.

Le centre historique a conservé une disposition médiévale avec ces nombreuses rues étroites (depuis le sommet du Campanile, nous essayions de deviner le tracé de celles-ci, challenge pas si facile), des maisons qui « se serrent » les unes contre les autres, de jolies places et des églises.

Ci-dessous, vous trouverez le plan de la ville qui se trouve dans la brochure officielle donnée à l’office du tourisme. Etant un peu floue, je vous la mets également en PDF.

Nous avons parqué la voiture au garage de l’Arze et avons commencé notre visite aux remparts de la ville d’où la vue de carte postale est grandiose. Datant du 15ème siècle (période entre 1470 et 1533, le premier rempart de la ville fut construit vers le 7ème siècle), le panorama sur la péninsule qui s’avance dans la grande bleue renforcé par les toits rougeâtres des maisons est absolument magnifique. Entourant toujours la ville d’une étreinte protectrice, Piran est, dans sa quasi-totalité, un véritable monument culturel protégé.

Nous sommes par la suite descendues pour arriver au cœur de la ville sur la célèbre place Tartini, qui doit son nom au violoniste et compositeur vénitien du 18ème siècle Giuseppe Tartini et qui rendit sa ville natale célèbre dans le monde entier. D’ailleurs, sa statue ornemente la place depuis 1896. C’est l’endroit idéal pour contempler les jolies façades des monuments, boire un verre ou encore s’informer sur Piran à l’hôtel de ville. Autrefois, la place Tartini, aujourd’hui en forme de coquille, était un petit port de pêcheurs puis dès 1894, celui-ci fut comblé et la place naquit.

Nous avons continué notre exploration en prenant une rue pavée derrière la maison vénitienne de la place Tartini pour déboucher sur l’église Saint Georges, un des emblèmes de la ville. Située sur une petite colline, c’est un joli point de vue sur les toits de Piran. Cette église baroque date du 12ème siècle et se visite grâce à la création d’un musée. Le clocher est accessible par une cage d’escalier et la vue depuis son sommet est imprenable.

La suite de notre journée fut simplement d’errer dans les ruelles en s’émerveillant du charme de la vieille ville, d’admirer le charmant port de plaisance et de manger ! La ville est réputée pour sa gastronomique maritime, pourtant nous nous sommes simplement (re)posées à une terrasse sur la place Tartini où j’y ai dégusté les meilleurs spaghettis au gorgonzola de ma vie avant de prendre la route pour Izola.

Informations concernant Piran

La ville étant entièrement piétonne, pour y accéder en voiture, il vous faut parquer à l’un des deux grands parkings de Piran, un premier en haut de la ville et un autre vers la vieille ville (mais plus cher !).

Nous nous sommes garées au parking Arze situé en haut de Piran. Ayant lu qu’une amende fixée par le maire de Piran, Peter Bossman, est de 200€ si vous êtes garés au mauvaise endroit, je conseille de ne prendre aucun risque et de payer le parking.  Les prix des parkings sont ici, ils ne sont guère chers en comparaison avec ceux fixés en Suisse.

La ville est facilement accessible par bus en provenance de Trieste, Ljubljana et de la Croatie.

Naturellement, la voie maritime est également mise en avant, cependant les ferries ne peuvent venir au port de plaisance de Piran mais accostent à la marina de Koper, d’Izola ou de Portorož.

Remparts :       L’entrée coûte 2 euros (20% pour les étudiants). 

Campanile :     L’entrée coûte 2 euros.

Izola

Moins réputée que sa voisine Piran, Izola est un charmant village où sa douceur de vivre se perçoit plus humainement qu’à Piran, plus touristique. Ville de pêcheurs et des ouvriers en comparaison avec ses homologues côtières, elle est plus authentique. C’est une mosaïque de tradition, d’histoire, d’architecture notamment due aux mêmes influences que Piran mais avec une portée italienne plus amplifiée.

Nous avons passé une petite heure à nous balader dans ses étroites ruelles où le charme opère. Cependant, étant plus petite que Piran, en arrivant à la pointe d’Izola, en cette période estivale, les habitants et les touristes se regroupent pour se baigner ; ce qui ne laisse pas l’opportunité de se promener tranquillement ou d’apprécier le bord de mer.

Bien que nous n’y soyons pas restées car de la route nous attendait, le soir venu, la ville se pare de ses plus beaux artifices durant les week-ends d’été et de nombreux événements sont organisés. Les terrasses des restaurants sont bondées et l’odeur de délicieux fruits de mer se fait sentir (comme au port de Piran plutôt dans la journée). Si vous recherchez une atmosphère festive mais plus authentique et chaleureuse que de grandes stations balnéaires, Izola est l’endroit parfait.

Informations concernant Izola

Nous avons parqué au parking entre la marina et la ville. Les tarifs sont les mêmes approchant qu’à Piran, cependant la première heure est gratuite.

La ville est également facilement accessible par bus en provenance de Trieste, Ljubljana et de la Croatie.

Ah, j’ai presque oublié! Les plages! Eh bien, sur la côte slovène, on ne peut pas vraiment parler de plages…

En effet, il n’y a pas de plages de sable en Slovénie. Dans ces deux villages, on se baigne directement depuis les rochers ou en mettant ses affaires sur les petits espaces en béton prévus à cet effet. Pour avoir exploré les deux villes, je conseille plutôt Piran pour la baignade qu’Izola à cause de l’affluence des personnes. À Piran, nous pouvons tranquillement nous balader le long de la mer alors qu’à Izola, chaque recoin regorge de linges ou de corps qui bronzent.

Piran

Ces deux villes valent grandement la peine d’y passer une journée voir même d’y séjourner quelques jours. En été, bien évidemment, la foule est partout puisque c’est également le lieu de villégiature le plus proche pour les Slovènes qui vivent à la capitale ou dans les terres.

Izola

Je pense que j’y retournerai une fois mais à une période de l’année moins chaude et surtout, car j’aimerais pousser l’exploration jusqu’à la côte croate qui, hormis Dubrovnik, m’est inconnue.

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