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Guide Québec : du Parc national du Fjord-du-Saguenay à la Côte-Nord

Troisième étape de notre road-trip après le lac Saint-Jean, nous nous dirigeons tranquillement vers Saguenay, région très connue pour son fjord et pour son beau parc national. En passant quelques jours à Saguenay, nous avons eu l’opportunité de visiter deux parcs nationaux puis de gentiment faire route vers Tadoussac, un endroit réputé au Québec pour l’observation des baleines. Nous avons également pu découvrir un bout de la région de la Côte-Nord avant d’embarquer sur un traversier pour rejoindre la Gaspésie.

Guide de ces destinations au Québec

Le parc national du Fjord-du-Saguenay

Notre terre compte plus de 2’000 fjords recensés dont les plus connus se situent en Scandinavie. Ainsi, quand je sus que le Canada dénombrait justement un de ces fjords, ma surprise fut telle que je voulus mettre ce parc national sur notre itinéraire.

Se dressant majestueusement au creux de massifs montagneux, le fjord de Saguenay s’écoule sur plus de 100 km avant de finir sa route dans l’estuaire du Saint-Laurent. Le seul fjord du Québec méridional serait selon son prospectus officiel, « le plus long fjord du monde à une aussi basse altitude». Ainsi, « cette entaille est le résultat d’une faille surcreusée par le passage des glaciers, puis envahie par l’eau de mer ».

La visite de ce parc national se fait au gré des marées et ce pour une découverte des plus beaux points sur le fjord.

Le parc est divisé en trois secteurs, la vallée de la Baie-Éternité, la Baie Sainte-Marguerite et la Baie de Tadoussac. Le parc se trouve des deux côtés du fjord, ainsi il faut bien cibler au préalable les activités ou les points de vue à observer, car il n’y a pas de passage possible (hormis en kayak ou avec des tours de bateau) entre les deux rives. Le parc se positionne sur une centaine de kilomètre entre les villes de Saguenay et de Tadoussac sur les rives du fjord.

Tarification journalière:

Adulte                                                 8,60 $

Jeune (17 ans et moins)                   Gratuit  

Activités

De nombreuses activités peuvent être prévues dans le parc, dont la renommée via ferrata lors de la période estivale sur les parois rocheuses du cap Trinité. Une grande diversité de la faune et de la flore se découvre dans ce refuge naturel puisque les anses et les baies sont justement de véritables refuges pour les animaux mais également pour les êtres humains.

L’observation de la faune et des points de vue est plus propice en été, pourtant lors de la saison hivernale, le parc propose également des activités de raquette ou de ski nordique.

Comme pour tous les parcs visités, nous avons privilégié la randonnée pédestre, ne voulant pas débourser tout notre argent dans des activités nautiques, certes intéressantes, mais onéreuses.

Nous avons commencé par nous rendre à l’Anse-de-Tabatière, le seul point de vue sur le fjord qui soit accessible en voiture. Pour rejoindre ce point de vue, il faut passer par le célèbre village de L’Anse-Saint-Jean. Cette municipalité fait partie de l’Association des plus beaux villages du Québec, pourtant nous n’avons trouvé aucun charme à cet endroit.

À la rigueur, le petit café et les maisons environnantes du port de la ville valent la peine de s’y rendre, surtout si l’envie de faire un tour en kayak ou en bateau sur le fjord vous intéresse. Le village ne fait pas partie du parc, ainsi, vous pouvez vous y rendre sans devoir payer les frais d’admission.

Prenant la route pour l’Anse-de-Tabatière, nous avons traversé le pont couvert de la ville et nous avons débouché sur un petit parc de stationnement, après avoir roulé quelques minutes en suivant l’anse puis avoir payé la taxe à l’entrée du parking. La ranger qui surveille le poste d’accueil nous expliqua que nous devions absolument faire par la suite la populaire randonnée de la Statue, ce que nous ferons.

L’Anse-de-Tabatière permet de se faire une saisissante impression du fjord au gré des points de vue dispersés le long d’un sentier de 200 mètres. Sans effort, nous découvrîmes la magnifique couleur de l’eau ainsi que le vert éclatant de la végétation environnante. Revigorées par ce joli spectacle, nous mettions ensuite le cap sur Rivière-Éternité afin d’entreprendre la randonnée de la Statue.

Nous fîmes route jusqu’au Centre de découverte et de services Le Fjord du Saguenay qui est le point de départ et d’arrivée de la randonnée. En premier lieu, nous avions décidé de faire la moitié du parcours jusqu’à la halte Bellevue (3,6 km aller-retour), cependant, suite à notre déception face à la vue dégagée par la halte, nous décidâmes de continuer jusqu’à la Statue, ce qui donne une parcours de 7,6 km A/R avec un degré de difficulté d’intermédiaire à difficile selon les prévisions du parc.

Ainsi, nous commençâmes la populaire randonnée par l’ascension du cap Trinité où la halte Bellevue (km 1,6) marque la fin de la montée qui permet de jolies vues sur la baie, surtout lorsque la mer se retire et dévoile un estuaire sablonneux.

à marée basse
à marée haute, vue à notre retour de la randonnée

À ce stade, plusieurs randonneurs nous expliquèrent que la suite du parcours est relativement facile et dure une quarantaine de minutes, cependant il faut simplement faire attention aux serpents qui adorent se promener dans les bois. À moitié rassurées, nous décidâmes de continuer et c’est là que nous avons déchanté. Il nous fallut plus de quarante minutes pour arriver seulement à la halte suivante qui est un refuge où il est possible de pique-niquer (km 2,7).

La dernière ligne droite arriva, enfin plutôt l’enfer débuta pour nos genoux. Tel Dante descendant dans les cercles de l’Enfer dans la Divine Comédie, nous entreprîmes la descente, longue de 800 mètres vers la statue de Notre-Dame-du-Saguenay sur un sentier constitué d’escaliers de bois. La remontée vers notre Purgatoire sera encore plus difficile pour nos pauvres membres.

Mais cela en valut la peine, puisque la vue panoramique au pied de la statue est magnifique sur les eaux bleu foncé. Nous pûmes apercevoir une vue globale sur le fjord car le Cap Trinité domine la Baie-Éternité.

La statue de Notre-Dame-du-Saguenay surplombe et veille sur les marins sillonnant les eaux du fjord depuis 1881. Elle est sculptée en pin blanc et fut érigée à cet endroit suite à une mésaventure du marin Charles-Napoléon Robitaille puisqu’il y faillit perdre la vie. Il est raconté qu’il implora la Sainte-Vierge et décida de lui rendre hommage une fois sauvé de la noyade.

Vedettes du parc

Le parc national regorge d’une faune incroyable, autant terrestre que maritime. Les forêts sont habitées par une vingtaine d’espèce de mammifères dont le loup, le lynx du Canada ou l’orignal. Depuis les rives ou en naviguant sur le fjord, il est possible d’apercevoir des phoques communs, des rorquals (nous en avons aperçu à Tadoussac) et des bélugas. D’ailleurs, depuis le secteur La Baie-Sainte-Marguerite, des gardes-parc naturalistes proposent l’observation du béluga qui fréquente les eaux avoisinantes du secteur.

Le faucon pèlerin est l’animal emblème du parc. Autrefois presque éteint, le rapace le plus rapide au monde, a su bénéficier d’un repeuplement et à des mesures de protection pour devenir, de nos jours, une « espèce vulnérable ».

Hébergement 

De nombreux hébergements sont proposés dans le parc, tels des chalets, campings ou encore des refuges plus rustiques. Comme pour tous les parcs, nous avons privilégié un hébergement en dehors des zones où les taxes s’appliquent.

Nous avons séjourné deux nuits chez un couchsurfeur à Saguenay. Lors de ce voyage au Québec, ce fut la première fois que j’expérimentais ce concept de couchsurfing, soit un mode d’hébergement gratuit proposé par des habitants qui invitent les voyageurs à dormir chez eux. Ce fut presque (mais ceci est pour un prochain article) chaque fois une belle expérience de rencontrer des locaux et des couchsurfeurs du monde entier puis de pouvoir le temps d’une soirée ou deux, partager nos visions du monde ou nos récits de voyage autour d’un bon repas ou d’une délicieuse bière.

Je vous recommande clairement Anthony comme hôte à Saguenay !

D’ailleurs, notre hôte à Saguenay nous permit de découvrir une autre vision du fjord en nous emmenant boire des bières au bord de la falaise. Cet endroit est normalement situé sur une propriété privée, cependant les propriétaires ont aménagé cet espace afin de laisser les visiteurs profiter de la vue et les alpinistes en herbe grimper la falaise et déboucher sur une surface lisse.

Parc national des Monts-Valin

Ayant un deuxième jour prévu à Saguenay, notre hôte nous conseilla d’aller explorer ce parc national qui est beaucoup moins fréquenté et surtout moins reconnu. Il nous raconta que c’est le joyau de la contrée, un secret bien gardé de la région, à la différence du parc national du Fjord-du-Saguenay. Les Monts-Valin offrent les plus hauts sommets accessibles de la région aux randonneurs en quête de paysages d’une beauté sauvage absolue.

Ainsi, sous une pluie diluvienne, nous faisons route vers ce parc inconnu, sans avoir aucune attente puisque ne nous savions même pas qu’il existait. Même dans mon guide, un simple encart décrit le parc et explique qu’il n’en vaut pas la peine si on passe deux jours à Saguenay en comparaison avec le parc du Fjord-du-Saguenay.

Pourtant, il mérite un petit détour sur votre itinéraire. Ce parc se définit comme étant aux frontières du Nord et les paysages montagnards, en relief accidenté et avec sa flore boréale, font effectivement penser aux régions plus reculées du Québec.

Tarification journalière:

Adulte                                                 8,75 $

Jeune (17 ans et moins)                     Gratuit

Activités

Ce parc est réellement magnifique venue la saison hivernale. En effet, parcourir la vallée des Fantômes à cette époque de l’année, en ski ou en raquette, semble fabuleux vu les récits trouvés sur divers autres blogs.

Néanmoins, nous y étions en été et comme pour les autres parcs, nous nous laissâmes aller à une petite randonnée, puisque le temps ce jour-là, pluvieux, ne permettait pas d’explorer plus en profondeur le parc.

Naturellement, si vous profitez d’une journée ensoleillée, vous pouvez vous diriger vers la vallée de la rivière Valin en canot ou encore à pied, avec de magnifiques randonnées comme le sentier Tête-de-Chien (8 km aller-retour), celui Le Mirador (3 km aller-retour) ou encore vers les secteurs du parc de la baie d’Alexis et du Lac Martin-Valin.

Suite à une discussion avec le ranger à l’accueil, il nous conseilla d’entreprendre la randonnée nommée Le Pic de la Hutte qui permet une vue incroyable sur tout le parc.

Deux options s’offrent au visiteur pour découvrir ce point de vue :

  • Le sentier est accessible à partir de l’accueil, soit 16 kilomètres aller-retour
  • Prendre la voiture et parcourir environ 9 kilomètres sur un chemin plutôt sinueux et mal entretenu, puis marcher environ 3 km aller-retour ou faire le sentier en une boucle de 5 km.

Le choix fut rapidement fait, en effet 16 km aller-retour ne nous motivèrent guère, sachant qu’il pleuvait et que les courbatures de la veille avec les escaliers de l’Enfer dans le parc du Fjord-de-Saguenay se faisaient ressentir.

Ainsi, nous reprîmes la voiture afin de nous diriger vers le stationnement du Pic-de-la-Hutte qui se trouve à 840m (ce qui est spécialement élevé pour le Québec). Nous nous attendions à une route pas très praticable mais pas à une route vraiment mal entretenue. Des trous par milliers, des virages par centaines, c’est un vrai challenge de faire avancer notre voiture de location jusqu’au départ de la marche.

L’ascension du sommet (de la colline plutôt, mais les canadiens appellent cela un sommet) depuis le parking se fait en une vingtaine de minutes en suivant le sentier aménagé. Nous nous aventurâmes au bord d’un petit lac pour s’émerveiller de la nature québécoise et du reflet des sapins dans l’eau. Nous découvrîmes cette forêt boréale, pleine de charme mais aussi un peu mystérieuse avec ce temps gris, mais aussi différentes espèces de bleuets (nos myrtilles) qui poussent au ras du sol et dont nous dégusterons une tarte le lendemain sur la route pour Tadoussac.

Finalement, nous arrivâmes à Le Pic de la Hutte qui atteint 900 mètres et à cette attitude, cela permet de voir la magnifique végétation du parc et la vue exceptionnelle que ce dernier offre sur les terres du Saguenay-Lac-Saint-Jean. On embrasse du regard une grande partie de la région, mais avec ce temps, nous embrassions plutôt le vent et la pluie. Au final, cela ne nous dérangea pas, c’était une atmosphère plus mystique qui s’offrait à nous et c’était aussi le moyen de se rendre compte de la splendeur des paysages par tous les temps.

Un cabane relais a été aménagée au sommet et c’est un bon endroit pour passer quelques minutes à se réchauffer, même si nous étions en plein mois d’août. Nous croisâmes seulement une famille et avions la plateforme aménagée pour admirer la vue que pour nous. Nous étions seules au monde, ou presque, accompagnées de tous les animaux de la forêt : oiseaux, grenouilles et autres crapauds (on remercie à nouveau ce merveilleux temps pluvieux) !

Ce fut une bonne manière de se ressourcer dans la nature, mais nous étions également bien contentes par la suite de nous réchauffer dans un sympathique café dans la ville de Saguenay.

Vedettes du parc :

Le lynx du Canada est l’emblème du parc et clairement la vedette principale, puisque de nombreux visiteurs aimeraient avoir l’occasion d’en voir un. Le ranger à l’accueil nous avait dit que c’était la bonne saison pour en voir, ainsi autant vous dire que nous n’étions pas du tout rassurées.

Ce mystérieux félin mène en fait une existence plutôt discrète au cœur de la forêt boréale, et bien qu’il nous fut expliqué qu’il est rare d’en croiser, puisque ce gros chat passe souvent inaperçu de par son agilité et de ses activités nocturnes, lors de notre balade, nous ne faisions pas les malignes (alors qu’on racontait partout qu’on voulait voir des ours mais quand vint le temps de peut-être réellement apercevoir un animal sauvage, qui plus est bien plus petit, on faisait bien moins les fières). Finalement (ou heureusement), nous n’avons pas eu l’opportunité de croiser ce félin.

Trajet de Saguenay à Tadoussac

Après avoir passé deux journées à explorer les parcs nationaux de la région, nous décidâmes de prendre la route au nord du fjord afin de rallier Tadoussac.

Sur le versant nord du fjord, on retrouve deux secteurs du parc national du Fjord-de-Saguenay, que nous avons évité ne voulant pas repayer la taxe journalière d’entrée. Pourtant, on peut accéder à quelques villages qui permettent l’exploration.

Directement en partant de Saguenay, nous nous sommes arrêtées aux battures de Saint-Fulgence, qui est un habitat faunique protégé. C’est l’occasion de faire une jolie balade et d’apprendre davantage sur la faune et la flore de Saguenay.

Nous avons fait ensuite halte à Saint-Rose-du-Nord, surnommée la « Perle du Fjord » et qui fait partie de l’Association des plus beaux villages du Québec. Nous dégustâmes enfin la fameuse tarte aux bleuets dans la charmante petite baraque qui fait office de café au débarcadère. Et puis, nous partîmes un peu observer le fjord et ses eaux d’un bleu étincelant.

Nous continuâmes ensuite sur la route 172 qui malheureusement n’est pas au bord du fjord mais qui longe les deux secteurs du parc national.

Tadoussac

En prenant la route nord du fjord, nous sommes directement arrivées à Tadoussac. Si au contraire, vous arrivez par Québec ou Montréal, il vous faudra prendre un traversier, qui est gratuit et opère 24h sur 24, pour rejoindre Tadoussac à l’embouchure de la rivière Saguenay. Il faut vous méfier de la route qui descend au village si vous arrivez par le nord, puisque, si vous ne tournez pas à temps dans la bourgade, vous allez directement arriver au départ du traversier. Je vous promets, ce fut un véritable méli-mélo pour se sortir des dizaines de voitures qui attendaient patiemment leur tour pour embarquer sur le traversier.

Au final, il fallut encore une heure pour trouver une place de parking, puisque celui de notre auberge de jeunesse était complet. Il y a de nombreuses places de parking dans le village et aux alentours, cependant, les places sont payantes et lors de la haute saison, difficile à trouver.

Tadoussac est recensé comme étant le plus vieux village du Québec et se situe dans la région touristique de la Côte-Nord. Carrefour maritime du fleuve Saint-Laurent et du fjord du Saguenay, ce village est principalement reconnu au Québec pour l’observation des baleines.

Tadoussac était déjà bien connu puisque qu’à l’emplacement du village actuel, se trouvait un poste de traite de fourrure qui permettait, il y a plus de 400 ans, aux habitants de vivre. Aujourd’hui, heureusement, la traite de fourrure est interdite et le village a su développer sa nature environnante pour attirer les visiteurs. D’ailleurs, il a été recensé parmi les plus belles baies du monde et je peux vous assurer que la beauté du lieu est incroyable. Bien que cela ne rende pas aussi joli en photo qu’imagé, c’est un endroit où chacun pourrait rester à contempler le fleuve, puis le fjord et finalement le ciel. Si le temps est ensoleillé, la diversité du bleu est magnifique. Cependant, nous n’étions pas chanceuses lors de cette étape, puisque le temps était assez gris. 

Pour la petite anecdote, Tadoussac proviendrait du mot « totouskak » qui signifie en innu « mamelles », en raison des deux collines à l’ouest du village qui sont rondes.

Observation des cétacés

Nous sommes venues à Tadoussac dans le seul but d’apercevoir des cétacés avant de traverser le fleuve Saint-Laurent pour visiter la Gaspésie. Nous ne voulions pas déranger les animaux en prenant un bateau et en s’approchant trop près d’eux, de ce fait, nous sommes simplement restées à terre. Nous avons quand même eu l’occasion de voir au large de Tadoussac différents cétacés, car ils viennent souvent proche du rivage. Cet endroit est internationalement reconnu pour l’observation des cétacés et a son propre centre d’interprétation des mammifères marins. Les baleines viennent à cet emplacement précis afin de trouver de la nourriture avant l’hiver (remplir leur réserve de graisse), puisque la rivière Saguenay (eau douce et froide) se jette dans le fleuve Saint-Laurent qui contient de l’eau salée et est très profond, ce qui va donner un écosystème riche et unique où la faune et la flore est très diversifiée. Pour résumé, c’est un véritable garde-manger pour les baleines.

La meilleure période pour les voir est entre septembre et octobre, mais vous pouvez en apercevoir dès le début du mois de juin. Ainsi, nous n’avions pas voulu réserver des places sur un zodiac car nous ne savions pas si nous dérangions la vie de ces cétacés en allant au plus proche d’eux en bateau. En effet, vous savez que je n’aime pas vraiment les activités avec les animaux, je préfère les voir en toute liberté et sans les déranger. Cependant, il paraît que les compagnies ont l’obligation de couper leurs progressions dès lors qu’une bête est à moins de 200 m, après comme je le dis, « il paraît » car nous ne l’avons pas expérimenté. Plusieurs compagnies de bateau proposent donc des tours et si vous pensez effectuer cette activité, j’imagine qu’il faut réserver en avance, surtout lors de la haute saison touristique.

Ainsi, nous avons privilégié un point de vue terrestre pour l’observation des baleines qui s’appelle La Pointe de l’Islet. En une vingtaine de minutes vous avez fait le tour de cette pointe qui se trouve juste à côté du port et du centre d’interprétation. Cependant, si, comme nous, vous espérez apercevoir des baleines ou autres cétacés, il vous faudra rester un long moment à scruter la baie. Nous avons finalement pu observer quelques rorquals et rien que cela, nous rendit heureuses pour le reste de la soirée.

Activités à Tadoussac

Hormis l’observation des baleines, Tadoussac est un charmant village qui permet différentes activités et escapades. Comme mentionné précédemment, à ses origines, Tadoussac était un des principaux postes de traite de fourrures du Québec. Ce fait est très important dans l’histoire de la province francophone car les habitants vivaient à l’époque grâce à cela. Un poste de traite a d’ailleurs été reconstitué et propose un petit musée qui retrace l’histoire de ce commerce entre les colons français/anglais et les Amérindiens. Tadoussac a deux autres lieux historiques à son patrimoine historique : la Chapelle des Indiens et le Grand Hôtel de Tadoussac.

Avec leurs toits rouges, vous ne pouvez pas manquer ces deux monuments. Cette chapelle est également la plus ancienne du Canada et serait une des plus anciennes construites en bois de l’Amérique du Nord.

Quant au Grand Hôtel de Tadoussac, tel un établissement hôtelier aux premières instances du tourisme, c’est un magnifique hôtel qui permet toutes les activités possibles et inimaginables pour des touristes pas très aventuriers. D’ailleurs une nuit dans cet hôtel de premier plan vous coûtera une petite fortune (si vous êtes comme nous, des étudiantes fauchées). Finalement, baladez-vous simplement dans le village qui est charmant et très reposant (j’avoue que je m’attendais à une foule de touristes en plein mois d’août, mais il n’en était rien). La rue au bord de l’eau est particulièrement agréable et permet également de se restaurer.

A quelques kilomètres s’étendent également de grandes dunes de sable. Hautes de 30m environ, elles font face au fleuve Saint-Laurent. On retourne en enfance lorsque vient le temps de les dévaler en courant puis on vieillit lorsqu’il faut les remonter, et oui, 10 minutes de montée pour 30 secondes de folle descente ! On retrouvera nos chères courbatures de la randonnée de la Statue le lendemain suite à cela. D’ailleurs, dans les années 40, les habitants faisaient du ski sur sable à cet endroit. Cependant, ce « sport » a été interdit dans les années 80 à cause de la dégradation qu’il causait à cet environnement fragile.

À marée basse, l’eau se retire très loin et permet une agréable balade.

Nous nous sommes également aventurées jusqu’à une cabane, par le sentier de l’Estuaire (800m), depuis le parking en haut des dunes qui permet une vue sur les environs. C’est d’ailleurs un bon point d’observation des oiseaux et plusieurs pancartes permettent d’en apprendre plus sur les différents volatiles qui peuplent l’estuaire.

Où dormir à Tadoussac

Nous avons passé la nuit à l’auberge de jeunesse de Tadoussac. Cette auberge nous avait grandement été recommandée par toutes les personnes rencontrées lors du voyage et une de mes amies y avait également séjourné quelques mois auparavant et me l’avait conseillée. Autant dire que j’ai l’habitude de voyager en auberge de jeunesse, que tout se passe généralement dans les meilleures conditions, mais je ne m’attendais clairement pas à découvrir ce que j’ai expérimenté là-bas. Nous avons dormi dans un tipi pour 6 personnes assez confortable mais de ce fait en dehors de l’établissement (et donc des sanitaires…). Et puis, il est vrai que l’ambiance est super mais si vous recherchez à dormir un petit peu, vous risquez d’être déçus car les volontaires de l’auberge et certains clients font la fête dehors jusqu’au petit matin. Auberge charitable qui accueille des gens de toutes les conditions comme bénévoles contre le gîte et le couvert (au petit-déjeuner, nous avons discuté avec un homme qui vivait à l’auberge depuis 5 ans comme bénévole car la vie est facile comme cela il disait), pour résumé cet endroit est une sorte de squat, certes accueillant et festif, mais insalubre et cher pour dormir sous un tipi à l’extérieur.

Côte-Nord

Au départ de Tadoussac, nous avions la journée pour rejoindre Baie Comeau afin d’embarquer pour la Gaspésie. Ainsi, cela nous permit tranquillement de prendre la route 138 et de nous arrêter dans quelques localités. La Côte -Nord est un territoire immense qui offre plus de 1’300 km de côte dont nous avons simplement aperçu 200 km. Cette région couvre l’est du Québec où le fleuve Saint-Laurent devient un estuaire maritime, puis un golfe.

La route 138 est également nommée la Route des Baleines car depuis Tadoussac, elle permet à différents endroits d’apercevoir des cétacés, naturellement nous n’en verrons aucun mais nous avons eu la chance de découvrir de magnifiques paysages qui permettent de se dire que cette région est préservée des flots de touristes.  

Notre première étape fut le village de Longue-Rive et surtout son bureau d’accueil touristique où l’employée nous fit découvrir les joyaux de la région à visiter. Grâce à cet arrêt, nous arrivions mieux à projeter notre journée de découverte jusqu’à Baie Comeau. Un sentier descend juste à côté du bureau afin de rejoindre un pont suspendu avec vue sur une jolie chute d’eau. Le site des chutes de la rivière du Sault-au-Mouton constitue un patrimoine naturel important pour ce village avec une hauteur de 24m. Selon les dires de l’employée, l’appellation Sault-au-Mouton ferait référence à l’écume tourbillonnant de l’eau. C’est un lieu très reposant et calme où seuls les habitants viennent promener leurs chiens. Puis, nous avions également marché sur le sentier « des crans rouges » au départ de l’église du village afin d’accéder à un autre littoral de plages et de marais, qui sont fréquentés par les oiseaux. Cependant, ce ne fut pas aussi pittoresque que la balade de la chute.

Nous arrivâmes ensuite à Forestville, le village-relais de la région. Cette ville est véritablement connue pour ses kilomètres de plage de sable fin. C’est au secteur de la Baie Verte, plus particulièrement à l’embouchure de la rivière Sault-au-Cochon (j’adore leurs noms de rivière !) que nous profitons de la plage, cependant sans se baigner, les eaux du Saint-Laurent étant très fraiches. Ce secteur est également devenu célèbre dernièrement puisque le tournage de la série La vérité sur l’affaire Harry Quebert, s’est en partie déroulé à cet endroit.

Nous partîmes ensuite à Ragueneau afin d’essayer d’observer des animaux marins. N’ayant pas de chance ce jour-ci, nous profitâmes d’une simple balade sur les roches. En effet, ce village offre plusieurs haltes panoramiques. Nous nous rendîmes plus spécifiquement au sentier de la Fascine afin de découvrir du quai de Ragueneau, l’archipel des îles de Ragueneau, qui est un important site de nidification d’oiseaux marins et où, du belvédère, plusieurs espèces dont le petit pingouin, peuvent être observés. Comme toujours, nous vîmes de magnifiques oiseaux dont je n’arriverais pas à établir le nom, mais aucun signe de pingouins, les véritables mammifères que je voulais observer.

Finalement, nous arrivâmes à Baie Comeau, ville située en pleine réserve mondiale de la biosphère Manicouagan-Uapishka. Ce fut notre arrêt final dans la région de la Côte-Nord, cependant, après avoir fait le tour de la ville en voiture, rien d’important n’était à visiter, et nous nous engageâmes au port afin d’embarquer sur le traversier. En lisant, les divers commentaires de mon guide et des informations glanées sur place, le reste de la Côte-Nord ainsi que le Québec plus septentrional apparaît une destination à la nature et à la vie intacte et préservée des marées de touristes. C’est définitivement un lieu où je reviendrai !

Suite à cette étape de notre périple au Québec, nous nous sommes aventurées sur le Saint-Laurent grâce à un traversier afin de rejoindre la Gaspésie, ma région préférée de ce road-trip québécois.

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