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L’Ouzbékistan en 15 jours : Itinéraire et conseils pratiques

Se perdre dans un dédale de dômes bleus, sentir l’écho des caravanes sur les pierres chauffées au soleil, boire un thé brûlant dans une cour ombragée et laisser la poussière d’or du désert vous coller aux semelles. L’Ouzbékistan a ce don : il gomme la hâte et rallume la curiosité. Là-bas, l’histoire se lit sur les façades, la lumière transforme la céramique en joaillerie, et chaque place publique est une scène où passent les siècles.

Pendant quinze jours, nous avons navigué entre citadelles de brique, fastes timurides et trains qui avalent le paysage. Comme toute bonne voyageuse, avec mon amie, nous avons alterné l’émerveillement contemplatif et les petits réglages pratiques, billets en poche, cash accessible, assurances vérifiées, pour que la magie tienne sans mauvaise surprise.

Devenu de plus en plus tendance, la destination est très safe, et les touristes y sont en hausse. Pourtant les guides papiers ne courent pas les rues, et c’est la raison de cet article, à commencer par l’itinéraire ainsi que les papies nécessaires pour s’y rendre.

Itinéraire pour 15 jours en Ouzbékistan

Nous avons voyagé quinze jours en Ouzbékistan, à la fin du mois d’août 2025. L’idée était simple : souffler un peu après une année bien remplie. Prendre le temps, flâner, savourer. Et on a bien fait !

À cette période, les températures sont censées redescendre, mais nous avons tout de même eu droit à des pics avoisinant les 40 °C. Ainsi, nos journées suivaient un rythme bien rodé : lever aux aurores, visite matinale, retour pour un petit-déjeuner tardif, nouvelle balade, déjeuner, puis sieste ou pause fraîcheur avant de ressortir en début de soirée.

Ce tempo tranquille nous a permis de vraiment profiter du voyage. Si vous partez en haute saison (septembre-octobre), vous pourrez sans doute raccourcir certaines étapes du parcours ci-dessous.

2 jours à Tachkent

Hébergement: Hotel Inspira-S Tashkent (paiement par carte)

Aussitôt sorties de l’avion, Tachkent nous a accueillie comme une ville qui respire profondément. Modernité soviétique, larges avenues et oasis de parcs, la capitale est un premier bain décontracté avant les splendeurs historiques.

Nous avons roulé mollement nos jambes dans les allées du bazar, goûté aux saveurs ouzbeks et pris le temps de découvrir un métro d’un autre temps, toujours en circulation.

3 jours à Khiva

Hébergement : Ornament Boutique Hotel (paiement que en espèce)

Khiva, c’est une médina figée dans le temps, un décor de rêve aux murs d’argile et aux minarets turquoise. Ses ruelles murmurent des histoires à chaque pas.

L’arrivée depuis l’aéroport d’Ourguentch a quelque chose de théâtral : on franchit les remparts, on dépose le sac, et on se laisse happer par la magie de la vieille ville.

Au programme : flâner dans la médina, explorer les citadelles du désert avec un tour et savourer le silence. Khiva invite à ralentir, à observer, photographier, se perdre, s’asseoir. Ici, les artisans tissent la soie, travaillent le cuir et le vent souffle sur les forteresses oubliées du désert.

3 jours à Boukhara

Hébergement : AIST Boutique in Historical Caravan Sarai XIX Century (Paiement en espèces uniquement. Ce point n’était pas mentionné sur notre réservation Booking.com. Nous avons donc payé par carte via un hôtel partenaire. N’hésitez pas à maintenir votre intention de payer par carte : l’hôtel tentera de vous en dissuader, mais une alternative existe)

Le trajet entre Khiva et Boukhara est une transition géographique et temporelle : on quitte l’air desséché du désert pour la douceur historique de Boukhara.

Boukhara a l’élégance tranquille d’une vieille dame de la Route de la Soie : madrasas majestueuses, coupoles bleues, ruelles sablonneuses et bazars couverts où résonnent les marteaux des artisans.

L’arrivée dans la ville se fait en douceur, mais très vite, le charme opère moins. Peut-être parce que tout semble plus ordonné, plus tourné vers les visiteurs. Après la magie brute de Khiva, Boukhara paraît plus polie, plus sage, un peu trop.

Les visites s’enchaînent pourtant agréablement : la place Lyabi-Hauz, les médersas, le minaret Kalyan, le quartier juif, mais la surprise est un peu moins au rendez-vous. C’est une étape intéressante, riche d’histoire et d’architecture, mais pour nous, celle que nous avons le moins aimée ; peut-être simplement parce que Khiva avait mis la barre très haut.

4 jours à Samarcande (incluant une escapade au Tadjikistan)

Hébergement : Hotel Samaria Terrace (payé par carte de crédit, toutefois évitez le massage proposé par l’hôtel ; ce fut la pire expérience de notre vie)

Après les longues heures cahotantes entre Khiva et Bukhara, la vitesse de l’Afrosiyob surprend. En moins de deux heures, le désert s’efface et Samarcande surgit, grandiose, au milieu des plaines ocre.

Au programme des quatre jours passés sur place : le Registan, les nécropoles, quelques ateliers et une escapade en terre tadjike sur une journée. Samarcande m’a saisie de plein fouet.

Le Registan, avec ses trois madrasas monumentales, est une véritable scène à ciel ouvert, la profusion de mosaïques, de bleu et d’or, éblouit presque. Irréel que cela tienne toujours debout. C’est une ville fascinante, grandiose, mais moins intime : on l’admire avec les yeux plus qu’on ne la ressent avec le cœur.

Informations pratiques sur l’Ouzbékistan

Pour les titulaires d’un passeport suisse ou européen, aucun visa n’est requis pour l’Ouzbékistan.

Il s’agit du som ouzbek (UZS).

Comme vous avez pu le voir dans l’itinéraire, je précise systématiquement si les hôtels acceptent les cartes de crédit ou de débit. En effet, nous avons eu la mauvaise surprise, sur place, de devoir régler certains établissements en espèces, alors même que nos réservations via Booking indiquaient un paiement par carte.

Par précaution, nous avions retiré des dollars (environ 300 pour deux personnes) et changé également 100 francs suisses en monnaie locale. Nous avons effectué ce change directement à l’aéroport. Il est parfois possible d’obtenir certaines devises auprès de votre banque ou dans des bureaux de change en gare (c’est souvent le cas en Suisse), mais les taux ne sont pas toujours avantageux. Il était toutefois plus avantageux (et rapide!) de changer directement sur place.

La majorité des restaurants et des activités acceptent la carte bancaire. Néanmoins, pensez à vérifier systématiquement avant de consommer afin d’éviter toute mauvaise surprise.

La langue officielle du pays est l’ouzbek, mais le russe est grandement parlé, le pays ayant fait partie de l’URSS (jusqu’en 1992, il était enseigné comme langue principale à l’école). L’anglais reste encore peu courant, surtout en dehors des grandes villes.

Nous vous conseillons d’acheter une carte SIM locale ou une eSIM à votre arrivée. Nous en avons chacune prise une à l’aéroport pour 15 dollars. Cela nous assurait un roaming illimité pendant nos deux semaines sur place. Plusieurs offres sont proposées, à vous de choisir celle qui vous plaira le plus.

Avec l’essor du tourisme, l’offre d’hébergement s’étoffe rapidement en Ouzbékistan, surtout dans les grandes étapes que sont Samarcande, Boukhara et Khiva. Le reste de l’Ouzbékistan, dont la vallée de Ferghana ou vers la Mer d’Aral restent encore des cas à part, le choix y étant plus limité.

La plupart des hôtels et chambres d’hôtes sont facilement réservables sur Booking, ce qui simplifie grandement la recherche. Les hôtels se doivent d’être sous l’égide du ministère du tourisme, et la plupart que nous avons visité nous le montrait en signe de garantie d’un respect envers nous, touristes. Il n’y a pas réellement de milieu de gamme, puisque les propositions se situent entre les établissements haut de gamme à plus de 200 € la nuit et des hôtels plus modestes de 15 à 40 €.

Dans l’ensemble, nous avons eu que des bons hôtels (hormis le dernier à Tashkent vers l’aéroport), et notre plus grande difficulté du séjour fut de dormir sur des matelas trop durs à nos goûts. Selon la saison, veillez à vérifier la présence de la climatisation ou du chauffage : tous nos hébergements en étaient équipés, un vrai plus sous 40 °C !

À Tachkent, les transports en commun sont particulièrement efficaces. Le métro, bien que marqué par une esthétique héritée de l’époque soviétique avec ses panneaux d’affichage traditionnels, est parfaitement fonctionnel. Il est d’ailleurs possible de payer directement par carte bancaire aux tourniquets. Les bus, quant à eux, circulent régulièrement et leurs horaires sont consultables en temps réel via l’application Yandex Maps, ce qui facilite grandement les déplacements.

Dans les petites villes, les minibus appelés marshrutkas constituent une option très économique. Cependant, leurs itinéraires peuvent être difficiles à décrypter pour les visiteurs. Pour plus de confort et de simplicité, notamment dans les zones moins touristiques, l’application Yandex s’avère particulièrement pratique. Elle permet de commander facilement un taxi, sans risque de malentendu. Les tarifs étant très abordables, c’est le moyen de transport que nous avons privilégié tout au long de notre voyage.

Le réseau ferroviaire ouzbek, en constante modernisation grâce aux investissements de l’État, reste le moyen le plus pratique pour explorer le pays. On y trouve une grande variété de trains: certains, comme l’Afrosiyob, peuvent atteindre des vitesses allant jusqu’à 250 km/h, tandis que d’autres sont plus anciens mais tout aussi fonctionnels. Selon l’horaire et le type de train, il est possible d’opter pour des sièges classiques ou des couchettes pour les trajets de nuit.

Les réservations s’effectuent directement sur le site officiel d’Uzbekistan Railways. Nous avions lu qu’il était préférable de réserver dès l’ouverture des ventes, les tours opérateurs bloquant rapidement de nombreuses places pour leurs groupes, ce qui donne l’impression que les trains sont complets très vite. Depuis la Suisse, la réservation s’est révélée compliquée. Heureusement, ma compagne de voyage, basée en Roumanie, et moi-même, parfois en France, avons finalement réussi à réserver tous nos trajets, même si ce n’était pas toujours dans les classes souhaitées.

En effet, nous avions initialement prévu de voyager de nuit entre Tachkent et Khiva, en optant pour les dernières places disponibles, les plus spartiates d’un vieux train soviétique. Cependant, la fatigue accumulée, combinée aux fortes chaleurs du mois d’août 2025 (près de 40 °C), nous a poussées à revoir nos plans et à privilégier un vol interne. La liaison Tachkent–Khiva est quotidienne, mais les départs se font très tôt le matin.

Voyager en train en Ouzbékistan est une véritable expérience. J’ai d’ailleurs écrit le texte suivant lors d’un trajet de sept heures, allongée dans un train couchette entre Khiva et Boukhara :

Ça m’a frappée. Trois heures après le départ, à mi-chemin de la destination, allongée dans une petite cabine sans climatisation, et je suis heureuse. Vraiment heureuse. Je voyage. Au cœur de l’Asie centrale. Pas comme les nomades autrefois, mais à ma manière, avec mon amie à mes côtés, poursuivant ma propre idée de l’ailleurs.

Nous venions de passer près d’une heure sous un soleil brûlant, sans savoir si le train repartirait un jour. Pas de réseau, aucune idée d’où nous étions, et le moteur qui semblait avoir rendu l’âme. Et l’odeur… disons simplement que nous avons fermé la porte (et la fenêtre) et préféré en rire. Et maintenant me voilà, allongée, en train de lire, souriante. Pas totalement débarrassée de ce léger fond de stress, ce serait l’utopie, mais apaisée, ancrée.

Ces moments-là aussi font partie du voyage. Peut-être même les plus importants. Car au-delà de ce que les yeux absorbent, la beauté, l’étrangeté, c’est cela qui façonne l’âme. Quelque part dans ce désert, dans ce train surchauffé, un petit fragment d’humanité vient à ma rencontre et me remplit.

Je me dirige vers les toilettes, passant devant des compartiments ouverts. Certains occupés par des touristes, d’autres par des familles ouzbèkes. Je me surprends à me demander: qui sont-ils ? Où vont-ils ? Pendant ces sept heures, nous sommes liés par une même réalité: ce train, traversant un désert immense.

Cela me fait penser à un livre que j’ai envie de lire depuis longtemps, “Compartiment pour dames”, si je me souviens bien en français qui parle de femmes indiennes voyageant en train, de la façon dont ces trajets façonnent leur existence, de la solidarité qui les unit. Des histoires puissantes, brutes et sincères. Est-ce que je pourrais un jour figurer dans un livre comme celui-là ? Probablement pas. Je suis bien trop ordinaire. Et pourtant, cette vie ne me semble pas ordinaire du tout. Elle est sauvage, chaotique, belle.

Tout ira bien. Je vais retourner à mon livre, m’échapper un moment dans un monde fictif. Mais je garderai ceci en mémoire : j’ai vécu. Pleinement, le cœur ouvert.

C’est ça, voyager dans un train au milieu du désert.

L’Ouzbékistan est globalement un pays sûr, avec un faible taux de criminalité et une situation géopolitique stable, surtout en comparaison avec certains de ses voisins.

En tant que deux femmes voyageant ensemble, nous nous sommes toujours senties en sécurité, y compris lors de nos déplacements. Il est toutefois recommandé d’adopter une tenue décente dans les lieux religieux, par respect des coutumes locales.

Le principal désagrément rencontré concerne les taxis non officiels, souvent présents à la sortie des gares ou à l’aéroport de Tachkent : insistants et parfois peu transparents sur les prix, ils peuvent facilement piéger les voyageurs. Mieux vaut les décliner poliment et privilégier une application comme Yandex, fiable et économique.

Côté santé, le point de vigilance principal reste l’eau du robinet. Bien que consommée par les habitants, elle est peu traitée et peut provoquer des troubles digestifs. Il est donc préférable d’éviter de la boire, ainsi que les glaçons dans les établissements locaux. Une attention particulière peut aussi être portée aux crudités si vous êtes sensibles (comme moi!), même si le risque reste modéré. Pour ma part, j’ai tout de même été malade quelques jours, ce qui m’a contrainte à lever le pied et à me contenter d’une alimentation très simple (maudis glaçons dans un thé glacé!).

Tout au long du voyage, je lisais les chapitres dédiés à l’Ouzbékistan du livre « Des Monts célestes aux sables rouges d’Ella Maillart, aventurière suisse de l’entre-deux-guerres. Elle raconte ses pérégrinations en 1932 en Asie Centrale.

Merci Ella, d’avoir ouvert ce voyage avant nous, et de l’avoir raconté avec une telle force (même si je ne suis pas toujours d’accord avec ce qu’elle racontait – n’oublions pas que la société au début du 20ème siècle avait des mœurs différentes). Presque cent ans plus tard, ses mots continuent de vibrer, même si les paysages (pour certains) et l’histoire surtout, eux, ont évolué.

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