Europe Slovénie

Direction (le) Bled : road trip en Slovénie

Permis en poche depuis un peu moins de 2 mois, il était impensable de ne pas embarquer la copine Elodie pour un road trip estival selon ses jours de congé. Après une très sommaire planification (simplement la destination) et la voiture gentiment prêtée par mes parents, nous voilà faisant route pour la Slovénie, un pays méconnu des Balkans. Nous allions au bled…

Pendant six jours, nous avons vagabondé en Italie et en Slovénie. Voici une petite description de notre trajet final :

Premier jour : Maison à Toscolano Maderno sur le Lac de Garde – 440 km – nuit au camping Promontorio     

Deuxième jour : Toscolano Maderno à Bled – 420 km – nuits au Guest House Mlino

Troisième jour : Découverte de Bled

Quatrième jour : Bled – Kranj – Ljubljana – Postojna – 100 km – nuit à l’auberge de jeunesse Proteus Postojna

Cinquième jour : Postojna – Piran – Ranzanico (Italie) – 470 km – nuit au camping La Tartufaia

Dernier jour : Ranzanico à la maison – 390 km

Au total, près de 2’000 km furent parcourus afin de découvrir une nouvelle culture et un peuple slovène incroyable. Il y a un élément de liberté lorsque l’on voyage en voiture que je n’avais pas encore expérimenté auparavant (naturellement, j’ai déjà fait beaucoup de voyages en voiture mais jamais en ayant moi le volant ou en ne sachant pas où demain nous mènerait). La spontanéité de pouvoir arrêter le véhicule où bon nous semble pour découvrir des joyaux cachés ou méconnus, hors des sentiers battus, vaut probablement le fait de parfois se perdre en cherchant une autre destination ou de dormir sous tente lors de violents orages.

Notre destination principale était d’explorer le fameux lac de Bled, icône et véritable carte postale nationale de la Slovénie. Vous retrouverez ci-dessous, tous les éléments pour s’imprégner de cet emblème slovène.

Tour du lac, premières impressions

Après s’être enregistrées à notre guest house, étant en fin de journée, nous décidons de faire le tour du lac à pieds afin de mieux apprivoiser ce joyau naturel. Sur papier, la balade de 6 km se parcourt rapidement mais c’est sans compter sur Elodie et moi, émerveillées du spectacle qui se dégage autour de nous. Pause photo sur pause photo, nous avons bien dû immortaliser le lac et sa fameuse île sous tous ses angles.

Ce chemin longe les rives du lac et alterne entre pontons aménagés, plages herbeuses, parties plus boisées ou encore zones plus urbanisées. De nombreux bancs permettent de contempler le paysage du lac alpin qui encercle la seule île du pays.

Nous terminons ce tour par prendre un chemin dans la forêt, nous perdre, et finalement arriver au château de Bled, d’où la vue est, à ce qu’il paraît, superbe puisqu’il surplombe le lac. Cependant, la visite est payante (11 euros ou 9 pour les étudiants) ce qui ne nous motive guère et le belvédère étant intra-muros, nous privilégierons la vue depuis les sommets de Mala Osojnica et Ojstrica. 

La station de Bled, destination huppée

Nous terminons notre tour du lac par une petite balade dans la ville de Bled. Ce petit village s’est développé grâce au tourisme balnéaire qui en fait un haut lieu de villégiature slovène.

L’église de Bled, au pied de la montée pour le château.

En conséquence, la ville se divise en deux zones : la station plus calme, à l’entrée de la ville, et la zone hôtelière bien plus moderne. On assiste à un alignement sur la grande avenue qui mène au lac Bled, de plusieurs dizaines d’hôtels allant de ceux destinés aux congrès à des auberges. Si vous recherchez un standing plus élevé, les palaces bordant le lac sont nettement plus agréables mais à des prix très élevés.

Nous avons choisi une guest house en dehors de cette station et nous avons bien fait ! En voiture, il est presque impossible de se parquer dans la ville où il vous faudrait débourser assez cher le parking qui est aussi excentré.

Notre auberge se situe à 2 kilomètres de Bled sur la rive. Disposant d’un parking gratuit pour les clients du restaurant et de l’auberge, nous étions idéalement situées pour explorer les environs.

Ainsi, la ville de Bled n’est pas très intéressante à moins que l’on s’y rende expressément pour aller au casino ou déguster de délicieux mets dans des restaurants gastronomiques. Outre cet aspect très bourgeois et luxueux, la ville attire un afflux permanent de touristes de toutes les classes sociales. Les prix sont de ce fait plus onéreux que dans le reste du pays mais certaines adresses en valent le détour.

En effet, nous mangeâmes dans un restaurant très prisé par les voyageurs (nous attendîmes 20 minutes pour y manger, ne voulant pas nous enfoncer dans l’avenue trop touristique). Il s’agit de l’Oštarija Peglez’n, avec une jolie terrasse donnant sur la rue qui commence le tour du lac.

Île de Bled et location de pletna, aventure sur l’eau

Lors de notre balade autour du lac le jour d’avant, l’île de Bled ou « Blejski otok » en slovène nous fascina tellement qu’une idée nous vint à l’esprit, celle d’y aller à la nage… Nous y avons renoncé sans regret en trempant nos pieds dans les eaux, certes cristallines, mais quelque peu trop fraîches et ce même en plein mois de juillet.

De ce fait, deux possibilités s’offrent à celui qui aimerait aller découvrir l’île. La première est de louer une barque et de flâner sur le lac comme bon lui semble. L’autre alternative est de prendre une pletna. Cette embarcation est à Bled ce que les gondoles sont à Venise, leur moyen de transport traditionnel et sa création remonte à 1590. Ayant privilégié celle-ci (car ramer c’est fatigant), le «pletnar» nous apprend que le trajet dure environ 10 min depuis notre point de départ (juste devant notre guest house) et qu’il nous laisse 40 minutes pour explorer l’île avant de retourner à terre.

Nous n’avions pas la force ni l’envie de ramer.
Qu’est-ce qu’une pletna ?

Selon les informations recueillies sur le site officiel de Bled, « la pletna est une embarcation de bois à fond plat. L’extrémité de la proue est de forme pointue et la poupe est élargie en un seuil qui permet aux passagers d’embarquer. La gondole est entraînée par la technique spéciale du « stehrudder », c’est-à-dire que le gondolier se tient debout et actionne deux rames. »

La balade sur le lac est agréable et notre «pletnar» explique dans un anglais approximatif les particularités de l’île. Il raconte également que son métier se transmet de génération en génération même si de nombreux jeunes hommes bien bâtis se forment à cette profession comme job d’été.

Nous accostons finalement au pied d’un majestueux escalier. Autrefois, l’île abritait un sanctuaire consacré à une déesse de l’amour, cependant, de nos jours, c’est une majestueuse église gothique qui trône (malheureusement en rénovation lors de notre passage) sur l’emblème de la Slovénie.

Pour être tout à fait honnête, l’île en soi n’a rien de particulièrement intéressant. En 5 minutes, le tour est fait. Malheureusement, découvrir à pied cet endroit est la seule activité gratuite de l’île. En effet, pour pouvoir accéder à l’église de l’Assomption ou au clocher de celle-ci, 6 euros est demandé… que nous payâmes. Cela nous permit d’admirer la vue depuis le campanile adjacent où à l’intérieur des informations sur le mécanisme des cloches sont joliment mises en valeur. Quant à l’église, elle est jolie et son autel doré magnifique. Outre l’aspect religieux, une légende locale veut que si l’on tire trois fois la corde menant à la cloche, le vœu prononcé se réalisera. De plus, ce n’est pas la seule légende de Bled, puisqu’une autre bien plus ancienne se raconte dans les environs. L’histoire de la légende de la cloche engloutie est mignonne, en voici le récit, selon les propos recueillis sur le site internet de Bled :

« La « cloche des vœux » a été coulée en 1534 par Franziskus Patavinus à Padoue, en Italie. Selon la légende, une jeune veuve éplorée vivait autrefois au château de Bled. Son mari avait été assassiné par des brigands qui avaient jeté son corps dans le lac. Folle de chagrin, elle avait réuni tout l’argent et l’or qu’elle possédait afin de faire fondre une cloche pour la chapelle de l’île. Mais cette cloche ne parvint jamais jusqu’à l’île. Pendant son transport, une tempête éclata. La cloche coula au fond du lac avec la barque et ses occupants. On dit qu’aujourd’hui encore, pendant les nuits claires, on peut l’entendre sonner depuis les profondeurs. Après cet accident malheureux, la veuve désespérée vendit tous ses biens et se retira dans un monastère à Rome. Après sa mort, le pape apprit son infortune. Il fit donc fondre à sa mémoire une nouvelle cloche qu’il envoya sur l’île de Bled. Tous ceux qui font sonner cette cloche en formulant leurs vœux à la charitable « dame du lac » voient leurs vœux s’exaucer. »

Nous sonnâmes la cloche et il ne nous reste plus qu’à espérer que nos vœux se réalisent. Le retour en pletna est aussi calme qu’à l’aller et se promener sur les eaux limpides du lac est un vrai plaisir.

Osojnica et Ojstrica, vues depuis les sommets

Ce sont les deux meilleurs observatoires gratuits pour admirer une vue aérienne du lac de Bled. Ojstrica et Osojnica sont deux collines qui dominent la rive ouest du lac. Après avoir parcouru ces deux petites marches, vous serez récompensés par une mémorable vue sur le lac, sur l’île, le château et, en arrière-plan, sur la chaîne de montagne des Karavanke.

Nous ne nous étions pas vraiment informées sur le point de départ de cette randonnée, de ce fait, en provenance de notre auberge, nous avons suivi les panneaux (d’ailleurs, le tour du lac est très bien renseigné). Nous avons suivi le cheminement conseillé numéro 6 qui mène au sommet de la colline Osojnica, réellement nommée Velika Osojnica.

30 min ? pas vraiment…

Sans le savoir, nous venions de nous engager pour une petite heure de montée très raide. Sans nécessairement être difficile, il est vrai que la grimpette essouffle. L’itinéraire traverse quelques passages éventuellement plus techniques mais qui sont très bien équipés avec des rambardes, des câbles ou encore un escalier raide.

Il faut bien se tenir ! C’était vraiment raide…

Au fil de l’ascension, de jolis points de vue s’offrent aux randonneurs pour déboucher, après le fameux escalier, au point de vue Mala Osojnica. Nous reprenons notre souffle en admirant, assises sur le banc à disposition, cette première impression en hauteur sur les environs.

Nous poursuivons notre chemin dans les bois à l’affût d’autres jolis points de vue mais nous finissons par nous perdre (suivez bien les numéros 6 barbouillés sur les arbres, ce sont votre GPS). Ainsi, après la découverte du bon parcours, nous arrivons finalement au sommet Velika Osojnica. En fin de compte, nous fûmes un peu déçues, puisqu’il s’agit d’un simple promontoire d’où la vue sur le Lac Bled transparaît grâce à une trouée dans la forêt. Cependant, la vue y est assurément spectaculaire et nous pouvons petit à petit nous faire une idée des dimensions du lac.

Nous partons ensuite à la chasse de Ojstrica, puisque la descente depuis le sommet se fait en quelque sorte en boucle. Nous nous perdons de nouveau, puisque les six ne sont pas assez mis en valeur à mon goût (mauvaise foi oblige !). Malgré cela, nous avons la chance de tomber sur un bouquetin, ou peut-être n’était-ce qu’une biche… en soi une jolie rencontre.

Suite à une descente de nouveau raide et boueuse, nous arrivons au point de départ de la petite escalade pour arriver au sommet de Ojstrica, qui est un rocher culminant au-dessus des arbres. L’accès est plus difficile puisque de nombreuses personnes viennent directement depuis le camping (le réel point de départ de cette randonnée) juste pour ce point de vue.

Une grimpette un peu escarpée nous emmène, haletantes, au sommet, mais que votre souffle se fasse rapide ou non, le dégagement sur le lac Bled vous le coupera assurément.

Ce fut véritablement notre coup de cœur ! Surplombant le lac, le panorama est tellement grandiose à nos yeux, que nous passons une heure à contempler cet endroit (et accessoirement à prendre en photos tous les visiteurs qui passent).

La véritable carte postale slovène se trouve devant vos yeux !

Attention ! Tout le cheminement est glissant lors d’intempéries. Je recommande également le port de bonnes chaussures/baskets.

Finir sur une touche gourmande

Nous ne pouvions pas quitter Bled sans goûter à son Kremšnita, une sorte de millefeuille délicieux. C’est d’ailleurs à l’endroit où il fut créé, dans le plus vieux café de Bled, que nous le dégustâmes avec vue sur le lac.

C’est en 1953 que le chef pâtissier Ištvan Lukačević créa ce fabuleux dessert dans la pâtisserie de l’hôtel Park dans la station de Bled après plusieurs années de tentatives infructueuses.

Depuis, c’est un véritable phénomène culinaire puisque depuis 60 ans, le café de l’hôtel a vendu près de 12 millions de Kremšnita. N’utilisant que des produits naturels : farine, œufs, crème, sucre et du beurre, ce gâteau à la crème ne contient aucun colorant, conservateurs ou autres additifs. C’est la raison pour laquelle, il est réalisé chaque jour, voir selon les périodes d’affluence, plusieurs fois par jours.

Dimensions 7x7x7 centimètres
Les couches du bas vers le haut se succèdent comme suit : pâte feuilletée, crème anglaise, crème fouettée, pâte feuilletée et sucre glace/vous avez déjà l’eau à la bouche

Il ne me fallut pas longtemps pour trouver cet endroit enchanteur, et ce malgré le nombre de visiteurs. Nous avons effectué notre road trip expressément pour visiter Bled, mais je fus également émerveillée par la suite de notre voyage en Slovénie.

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