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Glacier du Mont Miné : balade automnale dans un paysage lunaire

À la recherche de nouvelles balades afin de se ressourcer, un endroit me faisait de l’œil depuis un moment : le Val d’Hérens et plus particulièrement Mont Miné qui se trouve au fin fond de cette vallée valaisanne.

Je vous emmène pour une randonnée simple mais sauvage dans un décor de montagnes qui se transformera en un paysage hors du temps, lunaire.

Le Val d’Hérens

Le Val d’Hérens se définit comme une vallée préservée au cœur du Valais et des Alpes suisses, et il est vrai qu’en la traversant pour rejoindre le point de départ de la marche, nous découvrons de magnifiques paysages.

Fort d’un capital naturel incroyable, ce Val est un terrain de jeu en plein air pour tous les amoureux de la nature et de la montagne à la découverte d’un patrimoine et un terroir diversifiés et authentiques.

Ce sont les idées qui me vinrent à l’esprit lorsque petit à petit nous nous rapprochions de notre point de départ pour notre randonnée. En ce dernier week-end du mois de novembre 2020 et par une matinée ensoleillée, nous passâmes à côté des fameuses pyramides d’Euseigne, plusieurs villages connus comme Evolène avant de traverser des hameaux plus authentiques tels que Les Haudères et La Forclaz. La route se rétrécit et nous étions bien contents de ne pas croiser le bus postal.

Ne sachant pas vraiment jusqu’où nous pouvions aller, nous nous arrêtâmes à l’Hôtel du Col d’Hérens, un hôtel emblématique datant du 19ème siècle, et laissâmes la voiture à ce point. Nous étions à ce moment-ci à 1’766m d’altitude Nous découvrirons par la suite que nous pouvions aller plus loin, mais 15 min à pied en plus ne firent pas de mal sachant que la randonnée par la suite est très facile. Ainsi, débuta notre marche pour le Glacier du Mont Miné.

Hameau de Salay

Marcher jusqu’au pied d’un glacier

Nous suivîmes la route de Ferpècle jusqu’à justement le barrage de Ferpècle. Nous arrivions ainsi dans le vallon de Ferpècle qui est reconnu spirituellement comme un lieu aux ressources énergétiques thérapeutiques. Il est vrai qu’en marchant, je ressentais des ondes positives et loin du stress d’une fin d’année chargée au niveau des études, et ce en pleine pandémie. Je comprenais petit à petit que je venais de trouver un havre de paix où aller marcher si la frénésie de la vie quotidienne peut me déstabiliser. Mais pour ce faire, il fallait déjà trouver le bon chemin.  

Car oui, comme d’habitude, j’ai tendance à me perdre, même lors d’une marche assez simple et bien indiquée… nous avions simplement lu qu’il fallait passer vers le barrage de Ferpècle, ce que nous prîmes comme information d’aller sur le barrage et de prendre le chemin derrière celui-ci. Sauf que ce chemin, fort heureusement, n’était pas long et menait à un cul-de-sac.

Si vous voyez cette vue, c’est que vous avez pris le mauvais chemin 😉

Nous retournâmes sur la route et comprîmes que le chemin pour Mont Miné partait depuis le parking (la route jusque-là est pour les ayants droit). Mais pour ma défense, il avait déjà neigé fin novembre et la neige recouvrait le chemin, ce qui fait que nous ne l’avions pas vu. D’ailleurs, si vous allez à cette période de l’année (fin novembre), la température est assez fraîche et il se peut qu’il y ait déjà de la neige, veillez ainsi à prendre des bonnes chaussures car le chemin était un peu glacé.

Un autre itinéraire sympathique à entreprendre est celui de la cabane Bricola d’où la vue sur le vallon paraît grandiose. Ce sera l’occasion d’une prochaine marche. Cette marche peut être couplée avec celle entreprise pour le Glacier du Mont Miné en créant une randonnée en boucle. 

Ainsi, après avoir trouvé la bonne route, nous marchâmes entourées d’un cadre bucolique mais à l’ombre. Le chemin est relativement facile pour tous les types de marcheurs et il vous suffira simplement de suivre le bruit continu de la rivière, qui provient du glacier, afin d’atteindre, après une petite trentaine de minutes, selon votre rythme, un spectacle majestueux.

Nous nous trouvâmes dans un endroit hors du temps, sur une plaine ressemblant à la toundra et digne des panoramas de l’astre lunaire, et ce par un merveilleux soleil de midi qui permettait d’avoir une vue dégagée sur les environs. Trottinant (car je voulais tout voir tellement j’étais émerveillée), nous découvrîmes une rivière transparente nichée au milieu des montagnes et ce à presque 2’000 m d’altitudes. Nous marchâmes même sur du sable, tout en apercevant un reste de neige, de quoi nous demander où nous nous trouvions au vu de la mixité de climats et de paysages.

Nous décidâmes de pique-niquer et d’apprendre davantage sur ce beau Glacier du Mont Miné qui nous faisait face.

Le Glacier du Mont Miné

Vous voyez le glacier ?

Historiquement, le Val d’Hérens et plus précisément Ferpècle est l’hôte de deux glaciers : celui de Ferpècle ainsi que celui du Mont Miné.

Depuis l’endroit où nous nous trouvions, nous n’avions pas d’aperçu sur celui de Ferpècle, mais la carte ci-dessous vous permet de vous faire une idée d’où il se trouve. La carte date de 1961.

Sur cette carte, nous pouvons également apercevoir qu’initialement, les deux glaciers formaient un glacier commun qui s’étendait vers le hameau de Salay. Soit l’endroit où nous avions laissé la voiture. De quoi se dire que ce que nous venions de marcher pendant une quarantaine de minutes était, vers 1850, un glacier entier…

Le réchauffement climatique, couplé au temps qui passe, a fait que ce glacier commun s’est divisé en deux. De nos jours, chaque langue glaciaire se trouve dans un vallon distinct entourant de part et d’autre le Mont Miné. Le glacier perd en moyenne environ 26 mètres chaque année. On remet gentiment en perspective la fonte des glaces.

Qu’on prenne en compte (ou non malheureusement pour certaines personnes) au sérieux cette grande problématique de la fonte des glaces et du réchauffement climatique, je me sentais chanceuse de pouvoir profiter d’un moment en face d’un magnifique glacier, « avant qu’il ne soit trop tard ». Une expression que je n’apprécie pas vraiment mais qui n’est pas à prendre à la légère, tant les glaciers constituent des merveilles naturelles qui ne sont pas intemporelles.

Un sentiment que j’avais éprouvé fortement quelques années auparavant déjà face au Perito Moreno en Argentine. Certes celui de Mont Miné n’est pas autant à couper le souffle que son cousin argentin, mais l’idée derrière est la même : les glaciers sont des endroits majestueux et instructifs, et il faut pouvoir les protéger.

Le Valais regorge de ces lieux impressionnants, dont celui du Rhône où on peut aller dans le glacier (expérience géniale) ou celui du Trient. Des glaciers que j’ai eus la chance de voir au détour d’une de mes balades helvétiques. Le plus connu reste celui de l’Aletsch qu’il me tarde d’explorer.

La Suisse, afin de protéger son patrimoine naturel, propose de nombreuses lois pour la protection de la nature. D’ailleurs, il existe carrément la loi fédérale sur la protection de la nature et du paysage. De ceci, un inventaire sur des zones alluviales d’importance nationale, dès 1992, recense 283 lieux à protéger. Ferpècle, tout comme Sallay, en font partie. Vous pouvez retrouver toute la liste de ces zones ici.

Retour à la marche

Toutes ces informations en tête raisonnent et nous décidâmes de nous approcher du glacier. Par la suite, nous trouvâmes un sol encore différent de notre point de pique-nique. Nous gravissions sur de gros et des petits rochers avant de décider de redescendre, étant à l’ombre et au vu de la température pas très haute.

Nous profitâmes encore du soleil dans le vallon où le paysage lunaire est empreint de pureté. On se laisse bercer par le bruit de la rivière, l’âme se calme et finalement on se ressource, aidées par les rayons chauds du soleil. Nous aurions pu rester des heures à rêvasser ainsi, mais voyant arriver, petit à petit, de nombreux randonneurs, nous décidâmes de rentrer.  

Accès

En voiture, depuis Vevey, nous mîmes entre 1h30 et 1h45 pour atteindre le parking de l’Hôtel du Col d’Hérens.

Dans tous les cas, il vous faudra prendre l’autoroute A9 jusqu’à la sortie Sion-Est puis suivre les panneaux Val d’Hérens (soit remonter la vallée) jusqu’aux Haudères. Par la suite, suivre le panneau La Forclaz, puis passé ce village, celui marqué Ferpècle. Comme mentionné plus haut dans l’article, la route se rétrécit au fur et à mesure et vous vous retrouverez sur une route de montagne. Naturellement, il y a quand même de nombreux endroits où croiser.

Vous pourrez laisser la voiture au hameau de Salay, comme nous, ou continuer encore plusieurs centaines de mètres et découvrir une sorte de parking aménagé dans un détour. Depuis cet endroit, la route mène au barrage de Ferpècle et n’est accessible que pour les riverains.

Si vous arrivez par les transports publics, il vous faudra sortir à la gare de Sion puis prendre un car postal (n° 381) pour les Haudères. Par la suite, vous prendrez un deuxième car postal (n° 383) qui vous emmènera à Salay (l’arrêt se nomme Ferpècle). Plus d’informations ici.

Je n’ai qu’une hâte : y revenir en été ou lors de l’été indien. Et vous ?

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